Le noisetier commun

Le modeste noisetier s’est vu affublé des vertus les plus contradictoires, de ses prétendues propriétés divinatoires à ses présumées capacités thérapeutiques sensées pallier diverses pathologies, de l’impuissance à la calvitie et des fractures à l’épilepsie. Il a la réputation d’un arbre de débauche et de luxure, mais mettre des branches fleuries de noisetiers de nuit à la fenêtre d’une jeune fille passait jadis pour gage d’affection.

Le noisetier commun (Corylus avellana) est un arbrisseau buissonnant et touffu, formé de nombreuses cannes minces et flexibles. C’est une espèce monoïque, c’est-à-dire que ses fleurs mâles et femelles naissent en inflorescences séparées sur le même pied. Les chatons mâles se forment dans le courant de l’été et se développent en automne. Ils restent refermés sur eux-mêmes en longues grappes grisâtres pendant tout l’hiver. Les fleurs s’épanouissent en février-mars en longues inflorescences jaunes, une couleur due au pollen saupoudrant les quatre étamines de leurs innombrables fleurs. Les glomérules femelles sont beaucoup plus discrets et forment une sorte de bourgeon couronné d’une petite aigrette pourpre. Chacun peut produire non pas une, mais jusqu’à 8 noisettes. Les fleurs mâles et les fleurs femelles ne sont pas « mûres » sur le même arbre en même temps. La pollinisation nécessite donc l’apport de pollen étranger. À une époque de l’année où les insectes pollinisateurs volent peu, voire pas du tout, c’est au vent qu’est dévolu ce rôle. Comme pour toutes les plantes anémophiles, les inflorescences mâles de noisetier peuvent produire des quantités impressionnantes de grains de pollen – jusqu’à quatre millions pour un seul chaton.

L’époque où fleurit le noisetier est également celle de sa plantation. Il s’accommode d’une situation mi-ombragée, mais il est préférable de lui réserver un endroit dégagé et ensoleillé, dans un sol suffisamment fertile, peu acide voire plutôt calcaire, même pierreux mais bien alimenté en eau. Il ne supporte ni les terres lourdes ni les excès d’humidité. En raison du décalage de floraison des fleurs mâles et femelles, il est nécessaire de planter au moins deux variétés différentes afin d’obtenir une bonne fécondation et s’assurer pour l’avenir d’une récolte abondante. Le noisetier ‘Merveille de Bollwiller’ est une très ancienne variété à gros fruits ronds et à l’origine controversée, alsacienne ou allemande. Vigoureuse, peu drageonnant et de débourrement tardif, donc peu sensible au froid. Sa coque épaisse renferme une délicieuse amande croquante. Elle est pollinisée  par ’Ségorbe’, un noisetier vigoureux et très productif, rustique pour ne rien gâter, et dont le fruit à chair ferme est lui aussi particulièrement savoureux.

S’il prospère bien à l’état naturel dans les taillis, il ne pousse guère sous futaie. Mais il reste abondant dans les friches et les broussailles des orées de forêts dans presque toute l’Europe où il monte jusqu’à 1700 m d’altitude et accompagne le bouleau commun. A Oberlarg, aux confins du Jura, de la Suisse et de l’Alsace, ont été trouvés des reliquats de noisettes carbonisées dans un site archéologique humain vieux de 11 000 ans. Révérence donc pour cet arbre fruitier qui est un des plus anciens témoignages de plantes de cueillette.

Un Commentaire

  • benagoune

    bonjour je cherche plusieur variétès de noisetier que je ne trouve nul part,pouvez vous me dire ou en trouver ,merci(ennis, coultard,segord).0671524915.

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