Le mildiou, les doryphores et les pommes de terre

Mes pommes de terre ont subi une attaque de larves de doryphores. A force de persévérance, en les ramassant tous les jours, je les ai éliminés. Cependant, je me demande si les dégâts ne proviennent pas aussi du mildiou. Certaines feuilles ont en effet desséchées alors que les tiges se sont marquées de bandes brunes. Qu’en pensez-vous ?

Les larves comme les adultes de doryphores se contentent de grignoter les feuilles. Au pire, une attaque importante entrainera un affaiblissement du plant, entrainant une diminution du rendement. C’est uniquement en cas de très forte infestation que les jeunes adultes s’attaquent aux tubercules eux-mêmes. Le ravageur lui-même est bien visible, tant à l’état larve (corps rouge orangé de 8 à 10 mm de long strié sur le côté de 2 rangées de petites plaques de couleur noir) qu’adulte (corps ovale et bombé de 10 à 11 mm de long et élytres marquées de 5 lignes longitudinales noires) et aisé à ramasser. Vous auriez pu diminuer le nombre de passages en supprimant, parallèlement aux larves et aux adultes, les œufs jaunes de forme ovale groupées en amas aux revers des feuilles. Quand le choix existe, les doryphores préfèrent s’installer sur d’autres Solanacées, comme l’aubergine, la poire-melon ou la morelle de Balbis, qui peuvent alors servir de plantes-pièges.

Le mildiou, quant à lui, se développe par temps chaud et humide. Le premier signe de la maladie est effectivement l’apparition de taches brun foncé sur certaines feuilles ; en deuxième partie de saison, le champignon peut développer ses mêmes symptômes sur la tige. Certaines variétés de pommes de terre de saison très populaires, comme ‘Charlotte’ ou ‘Amandine’, présentent une certaine tolérance au champignon. A noter que les attaques de mildiou se révèlent plus problématiques sur les variétés tardives car ils handicapent la conservation en cave des tubercules.

Peut-être que les taches brunes et le dessèchement des feuilles et des tiges de vos pommes de terre ont simplement été provoquées par les conditions météorologiques éprouvantes (fortes chaleurs et sécheresses) du mois de juin. Comme dans mon potager, le manque d’eau a alors déshydraté les pieds les plus exposées, provoquant un ralentissement de croissance et une dessiccation sinon brutale du moins spectaculaire des feuilles et des tiges. Dès les premières pluies de juillet, les pousses terminales ont d’ailleurs repris leur croissance et reverdies. Ce qui n’empêchera pas cette année un arrachage prématuré des tubercules et une récolte diminuée.

L’état actuel de végétation des tomates me renforcerait dans cette idée. Ces cousines botaniques de la pomme de terre présentent en effet une plus forte sensibilité au mildiou et n’ont pas été le moins du monde affectées par le champignon. Au contraire, elles n’ont jamais été plus belles et plus vigoureuses. Mais les tomates sont généralement arrosées les semaines qui suivent leur plantation, ce qui n’est pas le cas des pommes de terre. Au potager comme partout, les années se suivent et ne se ressemblent pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer